La vie est une chienne de l'Enfer.

Je suis le jour, je suis la nuit, je suis positif, je suis négatif, je suis humain avec mes contradictions, mes contrastes.

Je suis un homme âgé, mais mes rêves sont tous à Byzance. (Yeats - Sailing to Byzantium)

Demain sera un autre jour!
On vit, on rêve, on disparait!
Nous passons à grande vitesse pour certains, quand pour d'autres le temps semble long, très long...

La photo, mon médium, pour me souvenir, la base principale de mon travail.
un médium de silence.
un arrêteur du temps
le souvenir s'éloigne, la photo devient diffuse
le souvenir proche, la photo nette
fragments de moments.
Tranches de silence.
morceau choisi
in situ, fragmentation
moment présent à présence de l'absence
l'image est franchie.

Il m'est difficile de m'expliquer, de parler, faire de grands discours, encore moins écrire!
expliquer quoi? juste quelques lignes explicatives voire un titre. le silence,
juste le silence de la parole (ou de l'écrit (la chose écrite).

La photographie sert à visualiser le souvenir (immatériel) qu'on ne veut oublier.
Ne plus oublier.
Là où le souvenir nait, la réalité s'en va!!

Déjà tout petit j'étais obsédé par le souvenir, quand j'ai eu l'âge de réaliser
que la photo était un merveilleux support pour matérialiser mes souvenirs,
je l'ai tout de suite utilisé. En réalité je vie quasiment dans ou avec mes, (des) souvenirs.
La journée passée, je suis déjà dans le souvenir, le souvenir d'hier, de ma famille, de l'enfance,
je suis myope sur le futur...!

Je ne suis pas là pour chercher à reproduire, mais interpréter.
Dans la vie il y a les rèves, les cauchemars.
de la pensée à l'acte!
Un autre monde, mystère,

je travaille mes photos comme une peinture, par couches successives. Ma base est la prise de vue.
Je produis des photos, sombres, claires, non figuratives, abstraites, selon l'humeur, l'inspiration.
J'essaie de faire une poésie, une poésie visuelle. sensuelle.

Je ne suis pas là pour représenter, reproduire la réalité, ta réalité... mais la fuir!...

La vie n'est pas toute rose, toute lisse, elle est torturée, une partie belle, une partie tordue. Peau lisse laissant apparaître
le squelette, le crâne, avec les défauts du façonnage du temps passé sur ce corps.

Elle emporte trop de gens aimés, tuer la mort.
tuons la mort.
Je me prépare au départ de ma mère.
Le soir au lit, enfant, je me préparai au départ des parents... sans n'y rien comprendre.

"Tuons la mort" naît d'une tristesse de voir disparaître des proches, des amis, plus vieux, plus jeunes que moi.
J'imagine tuer la mort...

Le comte Dracula enchaine ses fiancées, les libère en fin de journée, pour chasser les âmes (hommes & femmes) perdues.

A la question : "tu crois au Diable?", je réponds "je ne crois pas à Dieu, donc je ne crois pas au Diable, par contre je crois aux légendes..."

"L'art n'a pas de leçon de morale à recevoir".

 Je dirai que mon travail est onirique avec une obsession, la mort, de ce qu’est constitué le corps, une armature, de la chair, du sang, des muscles, de cet intérieur qui pue & sale, le tout amalgamé me fait peur. Je ne saurai dire si mon travail est surréaliste mais le fait de fouiller au plus profond de mon imaginaire, permet de me soigner.

Ma démarche est la restitution par l'outil, le support photographique de mes tourments.

Le monde reste aveugle à la maltraitance, à la souffrance des femmes.

Pourquoi je photographie les femmes? elles donnent la vie & que l'on porte atteinte à la vie, à cette féminité, ils abîment leur corps, leur pensées, leur être. Je le dénonce par ce travail.

Fidèle descendant du célèbre penseur & philosophe Otto Didakt, libre & sain de corps & d'esprit, j'ai appris par moi même.

L'esprit libre & indépendant, l'influence humaine & le formatage ne m'ont jamais atteint.

Mon thème principal est le corps, en majorité féminin. Je travaille en série, de 10 à 30 photos plus ou moins.

Mes photos sont travaillées de sorte à visualiser une matière, un relief.

Je raconte une poésie onirique, une métaphore de ce que j’imagine, un monde macabre & sombre que la vie me démontre. Des corps plus ou moins abîmés, une vie (que je représente par la femme, celle qui donne la vie) maltraitée par une masculinité orgueilleuse & d’un égo démesuré. Cette féminité qui au bout du compte gagnera ce combat. 

Les censeurs, des âmes perdues dans le couloir étroit de l'ignorance.

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