La base du travail d'Arno Loth est et sera toujours le souvenir, celui de l’empreinte, de la trace que nous laissons derrière nous. Autodidacte, il aime depuis l'enfance l'image et ce qu'elle représente. Ainsi, la qualité du matériel photo utilisé lui importe peu : au-delà de cela, il attache plus d'importance au travail final et aux propos tenus. Son matériel est finalement juste un outil qui lui permet d'atteindre et de montrer son propos. Arno Loth travaille toujours en série, d’où le choix de ce médium qu’est la photographie, sa pratique principale étant la manipulation numérique avec la superposition de plusieurs images ou morceaux d’images. Dernièrement, son travail s'est tourné vers les mythes et légendes. Autour de cette source d’inspiration, la technique utilisée lui importe peu : il travaille par thème, donc de l’un à l’autre, la technique peut varier. "Je manipule l’image, je suggère mes pensées, un sens de ma réalité. Actuellement, mon travail se concentre sur mes rêves, mes songes... la mort, et ce corps vieillissant appelé à disparaître par les flammes ou le pourrissement... La réalité est ainsi faite, l’Homme est ainsi fait", explique l'artiste.
« Le travail onirique, parabole de la vie, la masculinité ascendante sur la féminité, ce rapport de force incompréhensible que l’artiste démontre par son travail, dans son travail. Cette dualité dénoncée, l’artiste met en scène masculin & féminin, dans un antagonisme qui ne devrait être.
Mes photos sont travaillées de sorte à visualiser une matière, un relief.

Je raconte une poésie onirique, une métaphore de ce que j’imagine, un monde macabre & sombre que la vie me démontre. Des corps plus ou moins abîmés, une vie (que je représente par la femme, celle qui donne la vie) maltraitée par une masculinité orgueilleuse & d’un égo démesuré.

Donc mon travail est onirique avec une obsession, la mort, de ce qu’est constitué le corps, une armature, de la chair, du sang, des muscles, de cet intérieur qui pue & sale, le tout amalgamé me fait peur. Je ne saurai dire si mon travail est surréaliste mais le fait de fouiller au plus profond de mon imaginaire, permet de me soigner.

Ma démarche est la restitution, par l'outil, le support photographique, de mes tourments.

Cette féminité qui au bout du compte gagnera ce combat. »
 
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